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Portrait du mois : Iustina, trésorière de la fondation (juin 2019)

La fondation Un Coup de Main d’Emmaüs Iasi a été inaugurée en 2001, mais l’action sociale en faveur des personnes sans-abri est portée par des personnes engagées depuis 1997. La plupart d’entre elles, présentes depuis le début de l’aventure, sont toujours actives au sein de la fondation, qu’elles soient salariées, membres du conseil d’administration ou bénévoles. Ce mois-ci, nous rencontrons Iustina, trésorière de la fondation.

 

Bonjour Iustina, tu connais Emmaüs Iasi depuis le début… peux-tu nous en parler ?

Emmaüs Iasi est né dans les années 2000 et porte un nom très suggestif. Le nom „Un ​Coup de Main d’Emmaüs” unit deux associations françaises : „Un Coup de Main”, à Pantin (près de Paris) et „Emmaüs Liberté„ (Paris). Ce sont deux associations qui ont soutenu les projets pour les jeunes sans-abri de Iasi dans les années 2000 et qui ont aidé matériellement, financièrement et sentimentalement à la création de la fondation.

Le premier contact a eu lieu en 1997, à l’occasion d’une rencontre avec un groupe de personnes de France : Juan, Anne, Jacques, Olivier, Monique, Yves, qui désiraient aider les sans-abri. C’est de cette manière que j’ai découvert avec stupeur que, tout près de chez moi, près de 25 à 30 jeunes vivaient dans des baraques ou à la belle étoile : des jeunes qui avaient vécu en orphelinat et qui, à l’âge de 18 ans, devaient les quitter, sans famille, sans argent, sans logement et sans travail. A ce moment là, j’ai aussi rencontré Gelu, Gigi (qui ne travaille plus à la fondation) et Florin, des bénévoles actifs, enthousiastes et désirant aider. Un peu plus tard, Laurentiu nous a rejoint, ainsi que beaucoup de jeunes roumains et étrangers.

Et comment ça a évolué ?

Nous avons commencé par l’achat d’une maison, près du centre-ville de Iasi, avec quelques chambres, mais tout était en ruine. On ne pouvait loger que dans une seule chambre et rien ne fonctionnait : ni eau, ni électricité, ni gaz. Les premiers compagnons (au total quatre ou cinq), les bénévoles, les responsables : tous ont aidé à la reconstruction. Le premier magasin était petit, loin du centre ville. La vente mensuelle dépassait de peu le loyer. Nous avons acheté une maison près du siège, à laide d’un financement français, qui est devenue notre grand magasin.

Ensuite, nous avons aquis 23 ha de terrain agricole (le Belvédère) et une petite maison à la campagne (donation d’Henri le Boursicaud). Depuis 2006, nous profitons également d’une maison à la campagne, à 35 km de Iasi, (la maison nous fut par la suite donnée par l’association Grégory & Didier, de Suisse). Un grand merci à eux ! Au fur et à mesure que les activités se diversifiaient, de plus en plus de jeunes sans-abri ont souhaité devenir compagnons. Ils désiraient apprendre à devenir des „hommes” et regagner leur dignité.

Et près de 20 ans plus tard, quel est ton ressenti ? Aurais-tu cru tout cela possible au début ?

Dès le debut, je voulais réussir. C’était pas sûr et pas du tout simple. Le plus difficile était le travail avec les jeunes qui devaient apprendre tout. Îl fallait leur faire comprendre que le travail est le seul moyen de réussir, qu’il faut respecter des règles mais en même temps, leur offrir l’affection et l’amour qui leur manquaient tant, les comprendre.

Qu’est ce qui t’as le plus marqué ?

Pour moi, le moment le plus émouvant reste la rencontre avec l’Abbé Pierre. Ce sont quelques jours plein d’émotion, de sagesse, de bonté et de fraternite. Le moment m’a marqué pour toujours. L’Abbé Pierre a été une „voix” puissante à l’aide des plus souffrants.

Quelle est la chose dont tu est la plus fière ?

Je suis fière de beaucoup de choses, mais notamment des compagnons qui ont réussi dans la vie, ceux qui ont construit une famille (nous avons eu beaucoup de mariages à Emmaüs), qui ont eu des enfants et qui s’occupent d’eux avec soin, qui ont des métiers corrects. Cela n’a pas été facile ni pour eux ni pour nous, mais c’est de cela dont je suis la plus fière.

Au début, quel était ton rôle ?

Dès le début j’ai été la trésorière de la fondation, mais tout le monde donnait un coup de main où c’était nécessaire. J’ai participé à la distribution de la nourriture dans la rue avec Carmen, Gelu et Gigi, au nettoyage et à l’organisation du magasin, parfois à la vente, à la cuisine quand on avait besoin. J’ai participé aux conférences et aux réunions d’Emmaüs Europe et Emmaüs International, aux réunions des associations locales et nationales.

Et maintenant ?

L’activité de trésorière occupe la plupart de mon temps, mais je m’implique un peu dans la réalisation de l’Info Iasi et je reste en lien avec les anciens compagnons qui sont devenus autonomes.

Comment vois-tu le futur de la fondation ?

La fondation est dans une dynamique permanente : du point de vue économique, social et humain. Nous désirons augmenter le nombre des compagnons accueillis et aider le plus possibe des personnes sans-abri, leur offrir un travail ou les aider à trouver un travail, les aider à apprendre des métiers. Dans ce sens, nous désirons continuer notre projet „maraude” et réaliser notre nouveau projet „Belvédère”, un ensemble de logements sociaux, avec une ferme pédagogique et écologique et un magasin.

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