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Portrait du mois : Dana, assistante sociale à la fondation (juillet 2018)

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Dana, assistante sociale de la Fondation depuis le mois d’octobre 2017, nous parle de ses missions et de la vision qu’elle a de son métier.

Bonjour, peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Dana, j’ai 26 ans. Je suis assistante sociale depuis octobre 2017, ici dans la Fondation Emmaüs. J’ai terminé mes études d’assistante sociale et mon master “Famille et management des ressources familiales”.

Quelles sont tes missions dans le cadre de la fondation ?

Assistante sociale. Mon rôle est d’aider les autres. Quand j’ai commencé, j’ai été engagée sur le projet “Repas de Nuit”, le projet de maraudes. Nous avons autour de 200 bénéficiaires. Nous allions tous les soirs, du lundi au vendredi, dans la rue. Nous offrions des conseils, un repas chaud et des vêtements à ceux qui en avaient besoin. Nous les accompagnions pour faire des documents d’identité. De plus, pendant les 6 mois durant lesquels nous avons effectué des maraudes, nous avons aussi organisé les fêtes dans la rue, comme Pâques dans la rue et Noël dans la rue.

Depuis le mois d’avril, je suis assistante sociale à la fondation, et j’ai terminé la partie “maraudes”. Ici, j’aide nos bénéficiaires (ndlr : les compagnons) dans les divers problèmes auxquelles ils sont confrontés, je les accompagne à diverses institutions (médicales notamment), je les conseille et je fais tout ce qui relève du rôle d’assistant social.

En Roumanie, comment est perçu le métier d’assistant social ?

Malheureusement, en Roumanie, le métier d’assistant social n’est pas très apprécié. Parce que… je ne sais pas. Beaucoup, par exemple, me demandent : ah, ça existe,quelque chose comme ça ? Ca existe, une faculté dans ce domaine ? Ca existe, cette spécialisation ? Donc, ce n’est pas très apprécié, reconnu. J’espère que dans un futur proche, les gens s’ouvriront un peu plus.

Dans le cadre de tes études, tu as aussi fait des stages ?

Oui, j’ai aussi fait de la pratique ! J’ai fait un stage dans un centre de placement, dans une maison de retraite, j’ai été bénévole dans l’association “salvati copii”…j’ai été bénévole dans d’autres centres, aussi.

Pourquoi as-tu voulu devenir assistante sociale ?

J’ai vu beaucoup de personnes dans le besoin et en souffrance. Je me suis dit que je pouvais devenir assistante sociale, pour pouvoir les aider.

Depuis quand souhaites-tu devenir assistante sociale ?

Depuis toujours, j’aime aider les autres, mais c’est depuis le lycée que j’ai réfléchi plus concrètement au métier que je voulais faire.

Qu’est ce qui te plaît le plus dans ton métier ?

Bien entendu, je crois que ce qui me plaît le plus est d’aider les autres, et quand je vois que mon travail n’est pas vain et donne des résultats. Dans ces cas-là, je me sens très heureuse. Je me dis que je n’ai pas travaillé pour rien.

Et ce qui est le plus difficile ?

Le travail avec les gens. Parce que c’est très différent. Ils ont des caractères différents, et parfois tu ne t’attends pas aux réactions qu’ils peuvent avoir. Il faut que tu t’adaptes comme tu peux à plusieurs situations… pas très agréables.

Par exemple, quand tu as été à la maraude, comment ça s’est passé avec les gens dans la rue ?

Une partie d’entre eux étaient tranquilles, calmes, et appréciaient beaucoup notre aide. Et une partie d’entre eux étaient récalcitrants, ils consommaient dès le matin de l’alcool et de la drogue… Tu ne pouvais pas faire du bon travail tout le temps. C’était parfois facile, et parfois difficile.

Je change de sujet… tu as participé au collectif “Migration et Traite des êtres humains” en Bosnie et en Croatie : comment c’était ? Qu’avez-vous fait ? Qu’est ce qui t’as plu là-bas ?

Cela semble… un immense travail, tout ce qu’ils ont à faire pour les autres (ndlr : accueil de migrants). Ce qui m’a plu le plus ? Ca a été la visite d’un centre d’une capacité de 800 personnes, mais à ce moment-là ils étaient 400, tous étrangers, migrants. Cela m’a beaucoup ému. De fait, tous les pays ne font pas cela. Et malgré tout, tu dois accueillir ces personnes, tu ne peux pas les laisser mourir. Et j’apprécie beaucoup qu’ils ne soient pas restés indifférents à tous ces gens.

Nous avons presque terminé… tu veux ajouter quelque chose ? Comment vois-tu l’évolution du métier d’assistant social en Roumanie ?

J’espère que plus tard, le domaine social sera un peu plus apprécié… parce qu’au moment présent, je considère que ce n’est pas du tout apprécié. Parce que l’on parle d’une catégorie de personnes pauvres, et les autres ne sont pas très intéressés pour faire quelque chose. Ce sont des personnes indifférentes.

Merci beaucoup, Dana !

Avec plaisir !

 


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