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Portrait du mois : Nicu, compagnon cuisinier à la communauté et pour les personnes de la rue (fév. 2020)

Nous avons profité de ce mois de maraudes et du séjour en Belgique pour interroger Nicu, compagnon à Iasi, dont le rôle est primordial durant la période hivernale. Venez découvrir son témoignage réalisé en tournée de maraude…

Bonjour, peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Nicuşor A., j’ai 31 ans. Mon rôle à Emmaüs, c’est le programme de maraudes : faire à manger, aller dans la rue, distribuer vêtements et nourriture aux personnes sans-abri. Je fais les courses le matin, ensuite on prépare les sandwichs, la soupe et le thé. Je travaille principalement avec les volontaires en service civique qui viennent de France.

Et comment ça fonctionne, dans la rue ? Comment est organisée la maraude ?

Quand je suis dans la rue, je distribue la nourriture avec les volontaires qui sont ce jour-là en maraude. Nous faisons un programme pour la semaine. Le lundi, on fait un tableau, et de lundi à vendredi il y a plusieurs volontaires, ce ne sont pas les mêmes chaque jour.  D’habitude, le lundi on est trois, tandis que les autres jours on est deux, s’il n’y a pas de vêtements à donner.

Et c’est seulement Emmaüs qui fait à manger pour les gens de la rue ?

Non, on prend aussi de la ciorba (soupe) à un restaurant partenaire : le Cuib, du mardi au vendredi. Parfois, on ne va pas au centre de nuit, parce qu’il y a une autre association qui y va : Ştergem o lacrimă ou Harmony. Ce sont deux associations qui viennent une fois par semaine ou une fois toutes les deux semaines. Dans ces cas-là, on ne va pas au centre de nuit.

Une fois par semaine, je fais à manger pour les personnes sans-abri, une nourriture plus consistante que la soupe. Je fais de la mâncarica de cartofi (une sorte de goulash) avec de la viande ou du lard. Le matin je vais faire les courses et après je prépare les légumes, la viande… ça prend deux-trois heures.

Nous avons donné cette recette dans la lettre du mois dernier. Pour la retrouver, cliquez sur ce lien.

A part la maraude, qu’est ce que tu fais ?

A part la maraude, je fais la cuisine à la communauté. Je cuisine pour la maraude et pour la communauté.

Depuis quand aimes-tu autant cuisiner ?

J’ai toujours eu envie d’apprendre à cuisiner. Plus jeune, j’allais dans ma famille, chez des amis, je regardais comment cuisinais les autres personnes. Et depuis que je suis petit, j’ai décidé que quand je serai grand je ferai une école de cuisinier pour devenir cuisinier et faire à manger. J’ai fait une école de trois ans et demi, travailleur en alimentation publique et j’ai appris à cuisiner des plats différents. Mais je n’ai pas appris seulement à l’école, j’ai aussi appris d’autres personnes…

Et tu as travaillé hors d’Emmaüs ?

J’ai travaillé au restaurant Cuib comme cuisinier et j’ai aussi travaillé dans deux autres restaurants.

Tu as été en Belgique il y a peu de temps… pourquoi ?

J’ai été à un événement organisé par l’association Mergem, qui a fêté 20 ans d’activité. L’association Mergem nous a aidé et nous aide toujours financièrement pour les maraudes, pour les personnes sans-abri. Cette fois-ci, quand nous sommes allés à Bruxelles avec Leïla, Mergem nous a aidé à acheter des arbres fruitiers pour le Belvédère. Notre stand avait pour but de financer les arbres fruitiers que nous planterons au Belvédère. Un arbre coûte 10 euros (l’achat et les coûts inhérents à la plantation). Les gens nous donnaient l’argent, ils dessinaient un arbre et nous l’accrochions sur le panneau de notre stand. L’objectif de la soirée était d’arriver à 200 arbres. Nous en avons financé 184.

Pour le reste, l’événement était super. Ca m’a beaucoup plu. Nous avons retrouvé Laetitia, qui avait un stand avec les dessins de Nicu E. (Nicu est un jeune qui est sorti de la rue il y a peu de temps. Il vit actuellement chez sa soeur, et pour soutenir financièrement la famille, Laetitia, en lien avec Mergem, a organisé une vente des dessins de Nicu dans le cadre de cet événement, ndlt). Il y a également eu le stand de David, où étaient vendues de la zacusca (spécialité roumaine consistant en une ratatouille cuite au feu de bois à base d’aubergines et de poivrons, ndlt) et de la confiture de griottes (la zacusca et la confiture sont faites par une famille de Turda – ville située dans le Nord-Ouest de la Roumanie -, et vendues en Belgique. Cela représente un soutien financier pour la famille, ndlt). Il y avait également de la nourriture que les gens pouvaient acheter. Nous, nous avons mangé une soupe roumaine. J’ai aussi mangé quelque chose avec des champignons… comment ça s’appelle, ce truc rond… quiche. Pour la première fois, j’ai mangé de la quiche. Très bon.

Merci beaucoup, Nicu ! Nous te souhaitons une bonne maraude !

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